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L'Arc de Milva provenait des pays d’Extrême-Nord. Ses branches étaient en acajou, il mesurait soixante-deux pouces, possédait un dos parfaitement équilibré et un ventre plat, stratifié de plusieurs couches de bois noble, de tendons et d’os de baleine. L’arc était incroyablement léger et d’une précision parfaite. Il n’était pas très long, mais ses branches composites présentaient un admirable arrondi. Il était équipé d’une corde spéciale en soie et chanvre pour les tirs de précision. Avec une allonge de vingt-quatre pouces, il possédait une puissance de cinquante-cinq livres. Elle l'acheta au bazar de Hrak, à Cidaris.

Sous la plume de SapkowskiModifier

[...]Milva utilisait les zefhars depuis bon nombre d’années et elle ne se figurait pas qu’il puisse exister un arc plus performant. Un jour, pourtant, elle dut changer d’avis. C’était bien évidemment au bazar de Hrak, à Cidaris, célèbre pour son choix de marchandises rares et excentriques rapportées par les navigateurs des coins les plus reculés de la terre, à bord de leurs frégates et de leurs galions. Dès qu’elle le pouvait, Milva fréquentait les bazars et étudiait les arcs qui venaient d’outre-mer. C’était là qu’elle avait fait l’acquisition d’une arme qui lui servirait, pensait-elle, durant de nombreuses années ; renforcé par de la corne d’antilope polie, le zefhar qui venait de Zerricane représentait pour elle la perfection. Du moins l’avait-elle cru, l’espace d’un an… Car, une année plus tard, sur ce même étal et chez ce même marchand, elle avait découvert une pure merveille.
L’arc provenait des pays d’Extrême-Nord. Ses branches étaient en acajou, il mesurait soixante-deux pouces, possédait un dos parfaitement équilibré et un ventre plat, stratifié de plusieurs couches de bois noble, de tendons et d’os de baleine.
Cet arc se distinguait des autres éléments composites exposés sur l’étal non seulement par sa fabrication, mais également par son prix, et c’est ce dernier précisément qui avait attiré l’attention de Milva. Quand finalement elle se fut saisie de l’arme pour la tester, elle paya, sans hésitation aucune et sans négocier, le prix qu’en demandait le marchand : quatre cents couronnes de Novigrad. Bien évidemment, elle ne disposait pas de cette somme faramineuse. Elle marchanda et sacrifia son zefhar zerrikan, quelques zibelines – fruit de son activité de braconnage –, ainsi qu’un petit médaillon – un camée de corail dans un anneau de perles de rivière, magnifique ouvrage réalisé par un elfe.
Mais elle n’eut pas à le regretter. Jamais. L’arc était incroyablement léger et d’une précision parfaite. Il n’était pas très long, mais ses branches composites présentaient un admirable arrondi. Il était équipé d’une corde spéciale en soie et chanvre pour les tirs de précision. Avec une allonge de vingt-quatre pouces, il possédait une puissance de cinquante-cinq livres. On pouvait certes trouver des arcs d’une plus grande puissance, allant jusqu’à quatre-vingts livres, mais de l’avis de Milva c’était exagéré. Une flèche tirée de son manche en os de baleine parcourait une distance de deux cents pieds en l’espace d’un battement de cœur, et, à cent pas, elle était à même d’immobiliser un cerf efficacement. À cette distance en revanche, un homme sans armure pouvait se retrouver transpercé de part en part. Milva avait rarement chassé des bêtes plus grosses qu’un cerf ou des hommes en armure lourde.

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